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L'Historique - to study french

Fondateur du collège : St. Pierre Canisius

Sa jeunesse

Né le 8 mai 1521, Pierre Canisius est le fils du bourgmestre de Nimègue. Envoyé en 1535 à Cologne pour des études de droit, il cherche la compagnie de chartreux et se laisse conduire par un maître spirituel, Nicolas van Essche. Portant en lui une piété personnelle, profondément biblique et patristique, il ne sera pas magistrat, mais prêtre et saint. Il se rend à Mayence à la rencontre du P. Pierre Favre, un des grands maîtres spirituels de la Compagnie de Jésus naissante. Pierre donne à Pierre les exercices spirituels de St. Ignace de Loyola, et le conduit au cœur de la spiritualité des jésuites. Le 8 mai 1543, il entre au noviciat et il sera le premier jésuite de langue allemande.

Ses voyages

Du nord au sud, d'ouest en est, Pierre Canisius, au nom du Seigneur, parcourt l'équivalent du tour de la terre à pied et à dos de mulet.
Il est théologien au concile de Trente, conseiller des empereurs et des évêques, fondateur de collèges, recteur d'université, premier provincial des jésuites d'Allemagne, envoyé spécial du Pape auprès des évêques pour mettre en application les décrets de Trente.
Avant tout, il est un apôtre infatigable qui nous a laissé une œuvre écrite considérable: il se bat pour l'unité catholique, pour la valeur de la tradition et de l'écriture, pour la grandeur des sacrements, pour la formation du clergé en particulier et des chrétiens en général - on pense surtout à son catéchisme. Partout, il prêche et soigne aussi bien l'esprit que le corps. Sa popularité est formidable; cet homme, par ses actes et sa parole, vigoureuse et interpellante à entendre, force l'admiration, encourage et redonne confiance.
Arrivé à Fribourg en 1580, Pierre Canisius y restera jusqu'à sa mort, le 21 décembre 1597. Sa simple présence est une garantie pour le projet de collège. A chaque rumeur de départ, la ville entière est en alerte. Il achève son œuvre littéraire, y ajoute des vies de saints locaux et obtient l'installation du premier imprimeur de Fribourg. Toujours il prêche et administre les sacrements tant que la santé le lui permet, marquant de son esprit, aussi bien le collège que le pays.

La fondation du collège

Fribourg doit le collège St-Michel à plusieurs hommes, dont le pape Grégoire XIII. Conscient de l'importance d'une telle institution, c'est lui qui en signe l'acte de fondation avant même que les principaux intéressés, les jésuites, n'aient accepté le projet. Le prévôt Pierre Schneuwly, responsable de la «petite école» fribourgeoise, constate que les jeunes Fribourgeois poursuivent leurs études à Berne ou à Lausanne, d'où ils reviennent protestants. Il s'allie au nonce, l'énergique évêque de Verceil, Jean-François Bonhomini, bras droit dans cette affaire de St. Charles Borromée. Ensemble, ils vont tout mettre en œuvre pour faire venir les jésuites à Fribourg. Ils doivent vaincre la crainte des autorités et la résistance des religieux. Ceux-ci ne disposent pas de forces suffisantes, et le financement n'est pas assuré. Ils devront pourtant s'incliner devant la volonté du pape, qui fait appel à leur vœu d'obéissance.
Les deux premiers Pères, Pierre Canisius et Robert Andrew, arrivent à Fribourg en décembre 1580. Le 18 octobre 1582, les classes s'installent dans des bâtiments provisoires à la rue de Lausanne. Le P. Pierre Michel en devient le premier recteur. Commence alors une longue bataille autour de la construction des nouveaux bâtiments. La situation financière et politique de Fribourg ne permet pas une avance rapide des travaux. La première pierre est posée en 1585, mais il faudra attendre 1660 pour l'achèvement définitif des bâtiments. Le rayonnement de Pierre Canisius et la détermination de quelques magistrats parviennent à vaincre tous les obstacles. Ainsi les élèves peuvent ils emménager en 1596 dans une première aile.

Enseignement jésuite

Le succès est immédiat, deux cents élèves s'y inscrivent, ils seront six cents un siècle plus tard. On y enseigne les humanités, latin, grec, grammaire et rhétorique. Les sciences sont développées et le théâtre, qui est un moyen pédagogique apprécié. Au 17ème siècle, viennent s'ajouter deux classes de philosophie. Les jésuites suscitent les progrès de leurs élèves, par l'émulation et la piété.

Ecole hier et aujourd'hui

L’approche de la révolution marque le début d'une période troublée pour le collège qui ne retrouvera sa stabilité qu'à la fin du 19ème siècle. L'internat accueille bon nombre de jeunes gens de toute la Suisse, voire de l'étranger. Après le départ de l'ordre des Jésuites, le relais avait été pris par les prêtres diocésains qui ont assuré l'essentiel de l'enseignement jusque dans les années 1970. De cette époque datent les principales mutations qui ont fait de l'établissement un collège cantonal moderne donnant accès à tous les types de maturité reconnus par la confédération suisse. Il n'y a plus d'internat. Désormais ouvert aux filles comme aux garçons, le collège St-Michel est confié à un corps enseignant laïc. Il reste néanmoins fidèle à sa devise qui incite les jeunes à se profiler vers l'avenir dans le respect des œuvres du passé: «Laudamus veteres sed nostris utimur annis.»

Ensemble

Le collège St-Michel, construit sur des plans du P Giovanni de Rosis, plusieurs fois remaniés après la mort de St. Pierre Canisius , n'a rien perdu de sa beauté. Il vaut la peine de s'arrêter sur la grande place devant l'église ou se balader dans la tranquillité du jardin de la cour intérieure pour contempler l'harmonie des façades. C’est un bel exemple d'architecture sobre et élégante.

Couloirs

Dans les couloirs, 400 ans d'histoire apparaissent au travers des tableaux de jésuites, de recteurs, de papes, de Pères de l'Église, de bienfaiteurs et d'élèves célèbres qui s'y trouvent suspendus.
Chapelle mortuaire
Dans l'aile nord, au rez-de-chaussée, le visiteur est invité à se recueillir dans la chambre que St. Pierre Canisius occupa pendant la dernière année de sa vie. En 1636 déjà, on la transforma en chapelle. Les boiseries réalisées à cette occasion par l'atelier de Jean-François Reyff sont remarquables.

Chapelle St-Ignace

La chapelle St-Ignace se trouve au-dessus de la sacristie. Avant la construction de l'aile ouest du bâtiment (1660), elle n'était accessible que par un étroit escalier en colimaçon. Pour les Pères jésuites elle servait de lieu de méditation et de recueillement. Un cycle de tableaux y représente les événements importants de la vie de St. Ignace de Loyola, fondateur des jésuites. Hier comme aujourd'hui, ils invitent le croyant à entrer dans la relation familière à Jésus, qui caractérisait la piété de St. Ignace.

Eglise

L'église St-Michel est le joyau du collège. Construite entre 1606 et 1613 dans un gothique tardif, elle fut totalement transformée au 18ème siècle en une église rococo. Ses fresques, centrées autour de l'archange St. Michel, racontent l'affrontement du bien et du mal, et le salut offert aux hommes par Jésus-Christ. Le pèlerin y viendra vénérer les reliques de St. Pierre Canisius, qui se trouvent aujourd'hui dans le gisant sous maître-autel.

Les débuts du Collège

Un urgent besoin de développer l'instruction s'est manifesté au 16e s. en pays de Fribourg. Le pape Grégoire XIII (Ugo Buoncompagni, élu en 1572) a joué un rôle éminent dans la fondation de St-Michel. C'est lui qui a promulgué la charte de fondation du Collège en ces termes :
« Notre amour paternel envers les Suisses nous pousse à assurer le salut de leurs âmes et leur fidélité à la foi catholique; c'est pourquoi (...) nous érigeons et instituons à perpétuité dans la ville de Fribourg un collège pour un recteur et quelques-uns de ses confrères, lesquels devront y instruire le peuple dans la saine doctrine et les bonnes moeurs et donner l'exemple d'une vie chrétienne. »
En 1580, deux pères de la Compagnie de Jésus, Canisius et Andrew sont appelés à Fribourg pour jeter les bases du futur collège. En 1581, le gouvernement de Fribourg attribue la colline du Bisée (ou Belzé) aux Jésuites. C'est sur cet emplacement que le collège sera progressivement érigé. Et le 18 octobre 1582 déjà, les premiers cours sont donnés dans des locaux provisoires sis à la rue des Hôpitaux-Devant (actuellement : rue de Lausanne). En mars 1596 les Jésuites quittent la rue de Lausanne pour prendre possession de leurs nouveaux bâtiments.

De 1610 à 1662

En 1610, la messe est célébrée pour la 1ère fois en l'église du Collège. L'afflux d'élèves, au début du 19e s., conduit à la construction, de 1829 à 1838, du Lycée. Plus tard, on agrandit l'internat par la construction de l'aile occupée actuellement par la cafeteria, la bibliothèque allemande et des salles de classe. Entre 1960 et 1962, un bâtiment résolument moderne est érigé dans le prolongement du Lycée, le long de l'ancien rempart. Les élèves ne tardent pas à le baptiser "aquarium".

Les dernières modifications

En 1972, le complexe sportif, situé en contrebas du collège, côté Varis, est mis à la disposition des élèves. Ce bâtiment représente la dernière construction nouvelle du collège. A partir de 1978, d'importants travaux de rénovation tant intérieurs qu'extérieurs sont entrepris dans les bâtiments historiques. La réouverture du Lycée, en 1991, est la dernière étape de ces rénovations.La place du collège devient, dès l'automne 1991, un lieu de séjour, de récréation et d'activités sportives, interdit aux voitures. "L'Aquarium" et le complexe sportif créent un contraste heurté avec les vieilles demeures historiques du collège. Des historiens éminents ont fait remarquer que cette cohabitation insolite illustrait la devise figurant sur la couverture du "Message du Collège" et symbolisant l'esprit de St-Michel :
"LAUDAMUS VETERES SED NOSTRIS UTIMUR ANNIS"
"Nous vantons les anciens mais nous sommes de notre temps"

Point de vue d'un ancien élève journaliste

Voici comment Léon Savary, ancien élève devenu journaliste et écrivain de grand talent, voyait "son" collège :
« Je suis allé à Fribourg le jour de la rentrée. Aux Places, j'ai longuement regardé les collégiens qui montaient à St-Michel. Comme ils nous ressemblent !... Ils montent vers St-Michel comme j'y montais jadis, avec les mêmes espoirs, les mêmes illusions, la même confiance mal placée dans la vie. Je les salue dans mon coeur.
Jeunes camarades d'aujourd'hui, ne voyez pas dans notre collège une prison ni une vulgaire école. C'est notre maison bien aimée, celle qui abrite nos années précieuses, celle qui restera le foyer de notre intelligence quand nous n'aurons plus de maison paternelle. Celle qui veille, forteresse lumineuse, depuis quatre siècles, sur notre ville, ma ville, loin de laquelle je suis comme un exilé. La maison à laquelle j'apporte ici l'hommage d'une humble tendresse. »

Un reportage amateur .... 
 
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